toi l'impie !

toi l'impie !
L'ère incertaine me contraint au délit profane : dieu n'est pas. Que s'abatte sur moi l'incontournable solitude des créatures ingrates, que me soit promis le châtiment de l'enfer, occis-moi prêtresse aveugle, et surtout ne lime pas tes ongles, car je l'ai bien mérité. Maintenant que je suis mort à nouveau, on peut parler.
Je voyais l'autre jour dans l'être humain rien de plus qu'une charpente vaguement esthétique, complexe mais pas compliquée. L'être humain dans son ensemble, avec tout ce qu'il détient de plus "mystique", serait donc désespérément limité. Commencez par lui enlever la peau, et ça vous apparaîtra de façon très claire, moyennant une observation tout juste poussée. Voyez déjà que sans son cuir, un homme semble pareil à tout autre. Jamais la même constitution à la cellule près certes, mais toujours la même structure, les mêmes mécanismes internes, la même courbe ici, le même angle là... Il m'a semblé que notre individualité - notre "moi" n'est-ce pas - tenait à notre emballage. Un cadavre brandissant son organe superficiel, puisqu'il s'agit bien d'un organe, brandirait au même temps sa misérable inconsistance. Mais alors ma singularité ? une illusion, alimentée par une façade artificieuse laide au demeurant et un motif cérébral plus ou moins original. En effet si les neurones peuvent développer des réflexes particuliers, façonnant le sacro-saint cortex au fil des ans, c'est peut-être uniquement grâce à notre peau, l'organe sensoriel qui à mon sens dispose de la sensibilité la plus variable suivant les hommes. Peau de chagrin, d'ailleurs... Ca fout tout en l'air. Si tant est que j'aie jamais eu quelque espoir que ce soit en l'humanité, mais enfin là c'est carrément suprême comme affliction. Si pas de délire spirituel, pas de délire créationniste non plus. Aussi parabolique soit-il. Sinon au mieux un recyclage aléatoire d'antécédents génétiques. Un dosage automatique et de plus en plus imparfait.

# Posté le vendredi 09 janvier 2009 15:31

Modifié le samedi 10 janvier 2009 07:54

Qu'est-ce que vous avez vu ?

Qu'est-ce que vous avez vu ?
MARTYRS

UN FILM DE
PASCAL LAUGIER



« Ce film inflige des images extrêmement éprouvantes exposant le supplice d'une jeune femme. Sa vision comme son interprétation requièrent des spectateurs préparés et distancés. »
Commission Nationale de Classification




- Est-ce comme on l'avait imaginé ?
- Doutez.




[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 08 septembre 2008 07:43

Modifié le lundi 08 septembre 2008 08:38

ntcboasi

ntcboasi





















(next to come) birth of a strange idiot:

Tunng :: King
Portishead :: We Carry On
Flying Lotus :: Riot
UNKLE :: Black Mass

















[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 07 septembre 2008 10:00

Modifié le samedi 10 janvier 2009 07:53

Tout ce que je ne verrai pas, que je ne saurai pas...








4 mois. Ou 4 ans je sais plus.

Il va mourir, bientôt.


Laissons-les agoniser quelque part.












[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 07 septembre 2008 09:44

Modifié le dimanche 07 septembre 2008 11:14

- Rapport d'autopsie -

- Rapport d'autopsie -
Ce n'est plus une bulle,
c'est mon abri anti-atomique.


Y a des moments comme ça où tu - où je - sais plus quoi dire tellement y en a à dire. Et c'est vrai, je sais plus où donner d'la tête alors je me recroqueville comme un ver de terre cramé. "Qu'est-ce que tu fous ?" "Où t'es ?" "Comment tu vas ?" "A quoi tu penses ?" A rien, voilà. Je fous rien. Ou presque. Je deviens linéaire, comme une vache. Une vache ça fait que brouter et ça ferme sa gueule. Et y a des vaches heureuses d'être linéaires, c'est tout. Juste avant de passer au triturateur, tiens c'est quoi ce canon qu'on pointe sur mon front ? Bim, elles crèvent et jusqu'au dernier moment elles auront rien calculé. Herbe + Herbe = Contente. Ben voilà je calcule plus. Câlins + Flotte = Content. Et les moutons s'ront bien gardés. En fait, d'animaux de la ferme en tous genres, on comprend vite pourquoi la France aime ses agriculteurs. Il a juste pas une tête d'agriculteur... Plus de cowboy en fait, à l'extrême limite. Un cowboy avec quelques années de brokeback derrière lui alors, un cowboy du genre If it hadn't been for cotton-eye joe, etc. Ca fait de moi son agneau estropié. Mêêê. Là il vient "mais qu'as-tu donc gent biquet ?" Mêêê. "Ne pense plus à rien, je suis là". Me ligote les poings, les pieds, me porte sur ses épaules, s'asseoit sur un rocher, me prend dans ses bras et j'ai affaire à un autre loup, comme un échange de bons procédés. Mon duvet ouaté contre ses bras cireux. Ai-je parlé du macchab ? Il existe un degré de blanc, relique d'une longue lignée de macchabées congénitaux, ressuscités juste pour procréer j'imagine, tellement laiteux que ça n'est plus concevable. De la peau morte sur un être vivant. J'exulte j'ai faim. Je disais donc Mêêê, c'est à peu près tout ce qui me vient à l'esprit quand il m'emmitoufle. Linéaire. Je disais justement à mon frigo l'autre jour, avant qu'il se mette à prendre de l'acide, que ce pouvait être bien sympa de ne plus penser à rien. Il a plus rien dit, vexé. C'était tabou pour moi aussi. Devenir quoi ? Perdre tout ? Plutôt terrifiant. J'ai noyé ce gros con. Enfin je l'ai presque noyé. Sinon indifféremment j'ai hâte et pas le temps. Je prends pas assez le temps non plus. Toujours l'impression d'être à un wagon en arrière par rapport à la grande horloge, dieu sinistre, impassible, etc. J'ai les yeux dans le dos, certains jours à cheval entre le passé et le présent. Jamais devant, devant c'est cabalistique. Dès aujourd'hui je peux dire que j'ai un futur tragique, aux mille et un périls. Je fois grands malheurs, yaa. J'avance à reculons peut-être. Les résurgences de l'époque des pogs et autres pin's. J'avais plein de pogs j'étais très populaire. Y a pas à tortiller, toutes ces réminiscences sarrautiennes, et pourtant la plus douloureuse n'est peut-être pas la plus évidente. Puisque bientôt j'aurai été mis bas pour la 2e fois, une dé-gestation cette fois. On me coupe la ficelle ombilicale que j'avais réussi à sauver des bennes à ordures de la clinique, à grands renforts de déplacements affectifs, bref bref, et c'est la 2e Parque qui s'y colle, plus qu'une avant le grand saut. J'aurai vécu plus longtemps qu'un trisomique. Malgré toute la vénération qu'ils m'inspirent. Pas d'ironie. Avec un peu de chance, la 3e sera occupée ailleurs, à achever quelques immeubles de bureaux, quelques avions, quelques villages côtiers, quelques stades de foot... Mais sans ce fil qu'est-ce qu'il me reste ? Je me suffirai jamais à moi-même, je me découvrirai pas une passion tout d'un coup, même pas lazariste, même pas militaire ni pacificatrice, je connaîtrai jamais les dernières pensées de Jackie... Tout ce que je peux espérer maintenant c'est trouver un beau papier tout blanc pour pouvoir y étaler toute ma linéarité. Grammage sur-fin, grain atténué, et blanc, très blanc. Blanc de toutes les ratures qu'il n'aurait pas gommées. Mais hé ! ne l'ai-je pas trouvé ?



Et là je tire un magnifique et long... trait.


# Posté le vendredi 22 août 2008 14:11

Modifié le samedi 10 janvier 2009 07:54